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Abandon de poste
14 06 2018

Il arrive de plus en plus fréquemment que des salariés, souhaitant quitter leur emploi tout en ayant droit aux indemnités chômage (ARE), soient tentés d’abandonner leur poste. Mais attention, un abandon de poste n’est pas sans conséquences.

 

 Définition de l’abandon de poste

L’abandon de poste est l’absence injustifiée du salarié à son poste, peu importe la nature de son contrat (CDD, CDI…). Cela peut concerner un départ de l’entreprise précipité, ou le non-retour du salarié après une période d’absence justifiée (départ en vacances par exemple) ou encore par des absences injustifiées et répétées au travail. Dans tous les cas, l’abandon de poste est une absence non autorisée par l’employeur.

En règle générale, les salariés disposent de 48 heures pour justifier leur absence à leur employeur, passé ce délai, l’absence sera considérée comme injustifiée et constituera un abandon de poste. L’absence doit être durable, on considère qu’elle doit durer 3 à 4 jours puisque l’employeur doit suivre une procédure durant ce délai.

 

La marche à suivre par l’employeur

Passé le délai de 48h accordé au salarié pour justifier son absence, l’employeur doit l’interroger sur les motifs de son absence. Il peut pour cela lui téléphoner, lui envoyer des mails, ou bien interroger ses collègues.

Si 4 jours après le départ du salarié, l’employeur n’a toujours pas d’explication concernant son absence, il doit envoyer au salarié une mise en demeure de reprendre le travail et de justifier son absence.
Si malgré cette mise en demeure le salarié ne reprend pas son poste, l’employeur peut engager une procédure disciplinaire.

 

Abandon de poste et risques pour le salarié

L’abandon de poste n’est pas une démission
L’employeur ne peut pas considérer le salarié qui abandonne son poste comme démissionnaire. La démission résulte, en effet, d’une volonté claire et non équivoque, formalisée par un écrit, elle ne se présume pas. L’employeur ne peut pas déduire des comportements du salarié une démission.
En revanche, l’employeur peut décider de vous licencier pour abandon de poste.

L’abandon de poste justifie un licenciement
Face au silence du salarié, et à son absence de justification, l’employeur peut engager une procédure de licenciement. L’absence injustifiée constituant une cause réelle et sérieuse de licenciement.
Mais attention, l’abandon de poste peut aussi justifier un licenciement pour faute grave. En effet, si l’absence du salarié a des conséquences importantes sur le fonctionnement de l’entreprise, la faute grave peut être retenue.
L’employeur, pour licencier le salarié, doit le convoquer à un entretien préalable de licenciement dans les 2 mois suivant la connaissance de l’absence. Passé ce délai, le licenciement n’est plus possible.
L’abandon de poste n’est pas sans risque pour le salarié qui ne sera pas rémunéré durant son absence.

Abandon de poste et absence de rémunération
Durant l’absence injustifiée, l’employeur n’a aucune obligation de rémunérer le salarié, puisque ce dernier n’effectue pas son travail. Le salarié va donc perdre sa rémunération et ne pourra pas s’inscrire à Pôle emploi tant que son contrat n’est pas rompu. Le salarié n’étant pas libéré de son emploi, il ne peut pas signer un contrat pour un nouvel emploi.

Abandon de poste et absence d’indemnités
Si l’employeur engage un licenciement pour faute grave, le salarié n’aura droit ni aux indemnités de préavis ni à l’indemnité de licenciement.

Abandon de poste sans licenciement
L’employeur n’est pas obligé de licencier le salarié qui a abandonné son poste, il peut laisser perdurer la situation. Dans ce cas, le salarié ne percevra pas de rémunération, et n’aura d’autre solution que de démissionner de son travail s’il veut en trouver un autre, ou tenter une rupture amiable de son contrat de travail.

Abandon de poste et dommages intérêts
L’employeur peut demander au salarié de lui verser des dommages et intérêts s’il prouve l’abus du salarié, ou encore pour non-respect du délai de préavis.

 

L’abandon de poste peut entraîner des conséquences assez importantes pour le salarié qu’il ne faut pas négliger. De plus, cela peut avoir des impacts sur votre avenir professionnel, un abandon de poste étant plus difficile à justifier auprès d’un futur employeur qu’une démission.

Hélèna BAJOLET
(Juriste en droit du travail)

 

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